Sippenaeken s'inquiétait de son statut linguistique

Sous le titre «La défense de la langue française», on écrit de Sippenaeken à la «Gazette de Liège» :

«Un petit journal flamand, s'occupant de notre village, trouve injuste et déplacé de ne pas voir la langue flamande utilisée comme langue véhiculaire dans notre commune.

Ce journal ne devrait pas oublier que le mélange de flamand et d'allemand parlé par notre population nous a coûté 5 ans d'annexion au Grand Reich de sinistre mémoire, 5 ans de régime nazi, 5 ans d'oppression et de délation. En tous cas, nous ne l'avons pas oublié et nous ne l'oublierons d'ailleurs pas de sitôt. Pas de politique de langues chez nous s.v.pl. Nous ne sommes ni des Flamands, ni des Wallons, nous sommes simplement des Belges; et nous voulons librement choisir comme langue administrative celle qui pour nous est la plus utile. L'histoire n'a rien à voir dans ces choses-là. Peu nous importe, que des hameaux" de chez nous prouvent qu'il y a 100 ou 200 ans, notre village fut terre flamande. Nous devons voir d'une façon plus réaliste:

Nos fermiers vendront leur beurre, quand il sera libre bien entendu, au marché d'Aubel à des marchandes wallonnes, notre bétail est vendu au marché de Battice, pays wallon, nos ouvriers travaillent à Verviers, ville wallonne, quand nous allons faire nos achats c'est à Verviers ou à Liège, au pays wallon.

Eh bien, nous voulons que nos enfants apprennent le français pour qu'à l'avenir ils ne soient plus en état d'infériorité vis à vis de leurs compatriotes des villages voisins. Et puis, nous ne voulons surtout plus courir le risque d'une seconde annexion: car, comme vont les choses et avec le traitement que l'on applique à nos voisins de l'est, tout est possible. La lutte pour la liberté a engendré la guerre la plus terrible de tous les temps. Eh bien, qu'on nous laisse cette liberté et qu'on nous f... la paix ».

Extrait de "Le Journal d'Aubel" du 20 janvier 1946.

Commentaires

  • Intéressant ce retour dans l'histoire.

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