Pour le ministre Bellot, il faut enlever le pont tournant pour dépolluer

Le « pont tournant » de la gare de Montzen continue à faire parler de lui, au Parlement fédéral cette fois ! C’est que la députée libérale Kattrin Jadin y a appris du ministre Bellot, que la SNCB planifiait la dépollution du site, ce qui aurait nécessité l’enlèvement rapide de l’infrastructure.

Le pont tournant de 24 mètres de diamètre de la gare de Montzen aurait dû être vendu au plus offrant le 19 décembre. Mais la procédure lancée par la SNCB a fait l’objet d’un report en raison de la mise du bien sur la liste de sauvegarde du patrimoine par le ministre Collin, peu avant l’adjudication. Ce qui offre aux défenseurs de la plaque permettant aux locomotives de pivoter un sursis de six mois, voire un an, pour trouver une solution de conservation sur site ou ailleurs, en évitant que la plaque tournante soit acquise par des ferrailleurs.

Nouvel élément : François Bellot a fait savoir à Kattrin Jadin, qui l’interrogeait au parlement, que l’ensemble du site était pollué. Car, selon la SNCB, il servait à l’approvisionnement des machines en gazole. Un cahier des charges est en cours d’élaboration pour assainir le site. Et il s’avère que pour ce faire, il faudra démonter la plaque tournante. Or, en principe, la Région Wallonne exige que la dépollution débute durant le second semestre de 2018, soit avant la fin du délai de la liste de sauvegarde, explique Véronique Piraux, porte-parole de la SNCB. Ce qui ne signifie cependant pas que l’on travaillera dans un premier temps sur le site même de la plaque. Par ailleurs, la porte-parole rappelle que la plaque ne sert plus pour une mission de service public et que de ce fait, elle n’a pas grand-chose à faire d’un tel élément, même s’il a une valeur patrimoniale.

ACCORDER LES VIOLONS EN MARS

Kattrin Jadin estime qu’il est indispensable de préserver la plaque, tout en soulignant qu’une dépollution reste nécessaire.

Du côté des défenseurs de la plaque tournante, Louis Maraite annonce qu’une réunion est programmée pour le 2 mars, afin d’accorder les violons pour sauver l’infrastructure. En gare de Montzen, sur le site de l’ancienne gare de Hombourg ou ailleurs. Dans cette perspective, lui-même et l’acteur-réalisateur Bouli Lanners ont prévu une table ronde publique avec une série d’intervenants. Dont celui d’un prof d’unif, de l’Agence de développement local de Plombières, de la Cellule RaVEL de la Région, de la commune, de la CCATM et d’associations wallonnes de défense du patrimoine ferroviaire. Le ministre et Bouli Lanners pourraient introduire les débats ou les conclure, avance Louis Maraite. L’idéal, selon le duo Lanners-Maraite serait de réimplanter le pont tournant en gare de Hombourg, en permettant la cohabitation d’un projet ferroviaire touristique et du RaVEL. Car, insiste Louis Maraite, « ça ne sert à rien d’amener des touristes à vélo ici s’il n’y a rien pour les arrêter. » Reste que cette option avait été écartée par la commune et la SNCB, qui, à Hombourg, a démonté une portion de rails vers le tunnel de la Laschet, coupant ainsi l’ex-gare et les wagons anciens qu’on y conserve du réseau.

YVES BASTIN dans LA MEUSE VERVIERS du 26 décembre 2017

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