Black-out : « Notre avenir, c’est le microréseau électrique à domicile »

RÉGION VERVIÉTOISE – ÉLECTRICITÉ 

Un entretien d'Yves BASTIN, journaliste, avec DAMIEN ERNST

Pour le Montzenois Damien Ernst, spécialiste du black-out à l’ULg, il y a un beau coup à jouer pour notre indépendance énergétique. Il plaide en faveur d’espèces de micro-réseaux à proximité des fermes, par exemple, où on pourrait jouer sur un mix entre photovoltaïque, microcogénération, petit éolien.Capture d’écran 2015-02-25 à 08.07.30.png

Damien Ernst est ce prof de l’ULg dont les avis ont été très médiatisés quand on s’est mis à évoquer les risques de black-out et le délestage. C’est par exemple lui qui avait mis en avant le fait que la Wallonie risquait d’être plus touchée que la Flandre, ce qui avait induit un rééquilibrage. Il donnera une conférence ce soir à Montzen pour faire le point sur la situation énergétique en Belgique. On lève un coin du voile avec lui en faisant le point sur les spécificités et les atouts de la région de Verviers.

Premier constat : par rapport au plan de délestage, en région verviétoise, on n’est pas des mieux servis. Si les plans étaient activés, on serait dans le noir en bien des endroits. Et ceci, bien qu’on dispose de turbines hydroélectriques dans la Vesdre, que la centrale de Coo produise de l’électricité en journée avec ce qui a été pompé la nuit, et malgré les barrages et leurs centrales. Et malgré que, dans la région, beaucoup se soient déjà équipés en panneaux photovoltaïques et que le sud de l’arrondissement a été pionnier en Wallonie pour le grand éolien.

En dépit de cet arsenal et au vu de l’évolution de nos capacités de production à l’échelon belge et d’importation d’énergie, Damien Ernst estime que « le risque de pénurie devrait s’amplifier l’an prochain, avec une activation du plan de délestage à redouter ».

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Certains commencent à tenter de parer à cette menace qui se précise, selon Damien Ernst. Le cheval de bataille qu’il prône : les micro-grilles, des espèces de micro-réseaux qui permet- traient de produire de l’électricité près des sources de consommation. Par exemple dans les fermes, souvent isolées des noyaux d’habitat dans nos régions. Gros avantage : cela permettrait d’éviter des pertes lors du transport. On pourrait jouer sur un mix photovoltaïque, microcogénération, petit éolien... Un créneau sur lequel Enersolutions, à Battice, surfe déjà, notamment pour des projets en Afrique. Réaliste en Wallonie, ça, après la gifle que s’est prise le photovoltaïque avec les certificats verts ? Tout à fait, juge Damien Ernst. Car le prix des panneaux ne cesse de baisser. Comme celui des batteries permettant de stocker le jus, lors des périodes nuageuses ou la nuit. « En fait, le photovoltaïque est devenu très bon marché et il faut s’attendre à ce que cette filière continue à être de plus en plus attractive. C’est de plus en plus fiable et mature. »

Reste que le temps n’est pas toujours ensoleillé ou venteux. Que faire alors ? Eh bien, dans certains cas, on pourrait envisager de transformer le courant en hydrogène, avec lequel, lors des situations de manque, on pourrait refaire du jus.

« Pour les microréseaux, il y a un coup à jouer » dans nos régions, plaide Damien Ernst. D’autant plus que dans ce cas, il faudrait adapter les installations au profil de l’endroit et au consommateur. Dans ce cadre, les pays à bas coûts pourront plus difficilement concurrencer nos entreprises, car ce serait du bien moins standardisé. Dès lors, il y aurait des emplois à créer...  

(LA MEUSE VERVIERS du 25 février 2015).

Commentaires

  • Découvrez l'HPOD, groupe "électro green" qui convertit les énergies renouvelables en énergies permanente.
    Il permet d'alimenter un site isolé ou gérer l'autoconsommation, il fournit de l'électricité de manière silencieuse et écologique, il lisse les pic de consommation, il garantit une alimentation permanence.
    Sur réseau instable et défaillant le HPOD est le garant d'une alimentation sécurisée. En cas de coupures il prend les relais et protège les matériels sensibles.
    En configuration réseau ou micro-réseau, le HPOD peut être alimenter par n'importe quelle sources d'énergie (AC et DC) : réseau, éolienne, solaire, groupe électrogène...

  • Pour le courant domestique je suppose, c-à-d à peine 15% de la consommation totale d'électricité... Pour le reste, c'est autre-chose! Une seule locomotive consomme l'équivalent de la production de deux éoliennes "grand format" lorsqu'elles tournent à plein régime (c-à-d 20% du temps). Et puis, quid des "futures voitures électriques" à mettre en charge la nuit? A cela, s'ajoute le danger que représente le stockage d'hydrogène. En effet, ce gaz a la propriété de diffuser à travers les réservoirs en acier! Inutile de préciser qu'il est particulièrement inflammable et explosif....

  • Etant depuis toujours attachés à l'URE (Utilisation rationnelle de l'énergie), notre habitat construit avant la première crise pétrolière a été transformé énergétiquement de sorte de produire plus d'électricité que ce qui est consommé, en produisant aussi suffisamment pour l'alimentation d'une pompe à chaleur qui a remplacé totalement une chaudière au fuel ; la récolte de l'eau de pluie a permis aussi une autonomie totale (en ce y compris la consommation d'eau en bouteille, via un osmoseur).

    C'est ainsi que notre propriété pourtant ancienne et moyennement isolée, est devenue un habitat à énergie positive comme le sont les maisons ultramodernes sur le plan énergétique (alors que tous les "spécialistes" officiels ou pas consultés n'y croyaient pas du tout à priori et nous ont même fortement dissuadés d'entreprendre un tel chantier !).

    En cas de blackout, nous prévoyons soit l’achat d’une voiture électrique dont les batteries pourront servir de réserve ou d’acquérir un système (existant) qui joue le même rôle et donc couvrir les blackouts éventuels.

  • Comment le 3ème commentaire fait pour produire l'énergie de départ?

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