Fin des quotas : cata ou tout bon ?

RÉGION DE VERVIERS – LAIT 

Aujourd’hui, les quotas laitiers européens auront vécu et la production sera libéralisée. Beaucoup redoutent une catastrophe pour notre agriculture familiale, dans une région où les possibilités d’épandage sont limitées et où ceux qui produiront plus devront peut-être payer pour envoyer les effluents sur les champs hesbignons. Ceci, alors que le prix du lait, plus abondant sur le marché mondial, diminuerait.

La Meuse a posé la question à deux fermiers, l'un de Plombières, l'autre d'Aubel. Voici l'opinion du Plombimontois. 

Capture d’écran 2015-04-01 à 07.49.02.png« On va produire plus, partout en Europe. J’ai lu que l’Irlande est prête à produire 50 % de plus. Le prix du lait va donc diminuer. Comme on voudra produire plus, le prix des bêtes d’élevage pour la traite est déjà à la hausse. Il y a une demande incroyable chez nous et en Allemagne. Le prix a augmenté d’environ 20 % pour les Holstein. En Flandre, certains ont aussi créé de grosses fermes. Mais chez nous, au Pays de Herve, la liaison au sol est une contrainte importante. Si on augmente le cheptel, il faut avoir des terres supplémentaires pour épandre son lisier. En Flandre, certains auraient d’autres filons et sèchent par exemple le lisier ou passent des contrats avec des exploitants de grandes cultures. On nous dit que ça va aller mieux, qu’on pourra exporter vers les pays asiatiques. Mais en Chine, le prix du lait a diminué de 20 %. Et puis, si avec le prix mondial on va démolir l’agriculture de ces pays... Le quota, c’était aussi une garantie bancaire, quand on contractait un prêt. Et on les a payés des sommes folles. Maintenant, ça ne vaut plus rien. Le quota n’aurait pas dû être monnayé. Il aurait fallu une régulation plus souple, pour limiter en cas de surproduction et produire davantage en cas de sous-production. » 

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