La SNCB déferraille : CF3F riposte en justice

BATAILLE DU RAIL EN GARE DE HOMBOURG 

Capture d’écran 2015-10-27 à 07.16.54.pngCF3F se dit propriétaire des rails

Nouvelle passe d’armes dans la bataille du rail que se livrent les chemins de fer, la commune de Plombières et le SPW, d’une part, et les partisans d’un site qui se veut touristique dédié au rail en gare de Hombourg, en direction du tunnel de la Laschet et de l’ancienne gare de Montzen.

Ce lundi, après une trêve de près de neuf mois, la SNCB a poursuivi les travaux de déferraillage en gare de Hombourg, au grand dam des partisans de l’ASBL Chemin de fer des trois frontières (CF3F), qui rêve de créer ici un site dédié aux locomotives et wagons relié au reste du réseau ferré, avec un projet touristique. Une cause à laquelle Bouli Lanners s’est rallié, soulignant que des scènes de son dernier film avaient été tournées ici. 

Dans un premier temps, l’information circulait selon laquelle le maïeur, Thierry Wimmer, avait pris un arrêté de police exigeant l’enlèvement des rails. Ce que semblait corroborer sa présence sur les lieux, alors que du côté de CF3F, on criait sa colère et que deux combis de police étaient dépêchés sur place. Mais Thierry Wimmer se défendait d’avoir pris un tel arrêté, après celui du 13 octobre 2014, qui avait permis d’enlever 200 premiers mètres de voie, trois mois plus tard. Selon lui, la décision de déferrailler relevait des chemins de fer. Lesquels, sur base d’un arrêt de la cour d’appel de Liège du 28 juin 2011, auraient le droit de considérer comme leur propriété le matériel ferroviaire de Walter Lej qui n’aurait pas été enlevé dans les trois mois. Délai largement dépassé.

LA DATE DE LA VENTE CRUCIALE

En 2011, admet le maïeur, Walter Lej s’était empressé de revendre son matériel (wagons, rails...) à l’ASBL CF3F, croyant éviter sa perte. Mais, ajoute-t-il, ce faisant, CF3F acceptait les droits et les obligations relatifs au terrain. D’ailleurs, estime le maïeur, le projet touristique évoqué par les fans du rail ne se concrétise pas. Du coup, il veut prolonger sans tarder la ligne 38, en accord avec le projet de RaVEL du SPW (Région Wallonne), vers La Calamine. L’ASBL CF3F, elle, défend un usage mixte de la ligne, avec des mousses s’abaissant sous le poids des wagons, quand un de ses rares convois passerait par le tunnel de la Laschet, qui donne accès à l’ancienne gare de Montzen et au reste du réseau ferré. Cap qu’elle compte maintenir d’autant que, souligne Me Drion, avocat de CF3F, la vente du matériel et des rails, était bien antérieure à l’arrêt de la cour d’appel. Elle remonterait au 30 septembre 2009. En appel, Walter Lej n’en avait pas pipé mot, mais cela n’enlève pas à CF3F ses droits. Dès lors, l’avocat veut contacter dès ce mardi matin les chemins de fer pour obtenir l’arrêt immédiat du déferraillage, sans quoi ils s’exposeraient à un référé. L’empressement de la SNCB irrite d’autant plus chez CF3F qu’on vient de terminer l’enquête publique quant à la prolongation de la ligne 38 et à l’asphaltage du futur RaVEL, au cours de laquelle des remarques ont été formulées, et qu’aucun permis n’a encore été octroyé.

YVES BASTIN dans LA MEUSE VERVIERS du 27 octobre 2015 

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