5.000 € / jour si on déferre encore

GARE DE HOMBOURG, AVEC LE SOUTIEN DE BOULI LANNERS 

L’ASBL Chemin de Fer des 3 Frontières (CF3F) ne baisse pas les bras pour tenter de conserver l’accès au reste du réseau ferré pour son matériel ferroviaire ancien, via le tunnel de la Laschet, puis l’ancienne gare de Montzen. Sa volonté est de créer en gare de Hombourg un musée vivant du rail, tout en conservant certains éléments rares, comme une plaque tournante ou des aiguillages. Une initiative qui a reçu le soutien de Bouli Lanners, qui a tourné en ces lieux qu’il dit magiques des scènes de son dernier film. 

Mais la SNCB, le SPW et le maïeur de Plombières estiment qu’on attend depuis de trop longues années pour que ce type de projet se concrétise et ils veulent aller de l’avant. Ceci en déferrant un tronçon pour prolonger la ligne 38 en passe d’être transformée en RAVeL partiellement asphalté, en direction de La Calamine. Mais, dénonce CF3F, ce projet n’a pas encore son permis et a été critiqué lors de l’enquête publique.

En janvier 2015, 200 mètres avaient déjà été déferrés, selon une ordonnance de police du maïeur. Et avant-hier, la SNCB a entamé une deuxième phase, prévue pour une quinzaine de jours. Si celle-ci se poursuivait, ce serait virtuellement la mort du projet de musée. Du coup, CF3F a riposté hier en justice. Son conseil, Me Dominique Drion, a obtenu une ordonnance en référé, devant le tribunal de première instance de Liège. Et il a obtenu une astreinte de 5.000 euros par jour si la SNCB continuait à déferrer. Soit la moitié de ce que CF3F réclamait au départ. À charge pour CF3F d’assigner la SNCB pour une audience, la semaine prochaine, afin d’éclaircir la situation.

À la SNCB, on souligne que la zone où l’on déferre n’est pas visée par les conventions d’occupation et de maintien du matériel sur place signées avec CF3F et courant jusqu’en 2021 et 2023 et on se réfère à un arrêt de la cour d’appel de Liège d’octobre 2014, qui autoriserait les chemins de fer à disposer du matériel ferroviaire non évacué avant septembre 2011. Mais Me Drion conteste les bases de cet arrêt. Dans ce climat tendu, la SNCB annonçait hier soir se conformer à l’ordonnance en référé. Reste à la justice de trancher.

YVES BASTIN dans LA MEUSE du 28 octobre 2015 

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