Le film de Bouli à la conquête du monde

Il a été primé à la Berlinale

Le Festival de Berlin, la Berlinale, est considéré par beaucoup, comme le deuxième au monde, juste après Cannes. Et, onze ans après avoir cartonné avec Ultra- nova, Bouli Lanners y a à nouveau été primé avec son nouveau film « Les premiers, les derniers ». Une œuvre qu’il va maintenant présenter lui-même chez nous, à Welkenraedt, Sta- velot, Malmedy..., mais qui part aussi à la conquête des salles obscures du monde...

Le Calaminois d’origine Bouli Lanners, qui a désormais jeté l’ancre à Liège, a encore fait fort à la Berlinale, festival que beaucoup rangent dans le trio de musts, avec Cannes et Venise. « Les premiers les derniers » était projeté dans la section « Panorama », « ce qui est un peu l’équivalent de la Quinzaine des réalisateurs à Cannes », explique le réalisateur. On y sélectionne des films d’auteur internationaux et questionnant la société. L’œuvre du Belge, avec à l’affiche Bouli lui-même, mais aussi Albert Dupontel, Max von Suydow et Michael Lonsdale, notamment, y a empoché deux prix : celui du jury œcuménique et l’Europa cinemas label.

Belles cartes de visite pour décrocher des possibilités d’être distribué à l’étranger. Déjà dans la poche pour l’Australie, la Norvège, l’Allemagne, les Pays-Bas, les Balkans et la Grèce. Pour les USA, le Canada, l’Angleterre et la Scandinavie, on négocie. Les prix décrochés à Berlin et Cannes avaient déjà donné des ailes aux trois premiers longs-métrages de Bouli Lanners : ils avaient été projetés jusqu’à Taïwan, au Japon, en Amérique du Sud... « Ultranova, le premier, était resté à l’affiche un an dans une salle de Tokyo », se souvient le réalisateur. Son dernier film est une espèce de western qui questionne notre société et notre manière de penser, notamment la fin du monde et la mort. « Ce n’est pas un film drôle. Il a une dimension mystique par moments, sans pour autant être lié à une seule religion. » Pour Bouli Lanners, « ce prix œcuménique valide quelque chose qui parle de l’homme en général. » Une œuvre universelle... avec un thème pas facile à traiter. « Aujourd’hui, il est plus facile de faire son coming out en tant qu’homosexuel que de se dire chrétien. On fait tout de suite des amalgames », souligne Bouli Lanners. Lequel se définit lui-même comme un homme qui cherche, « paléochrétien, animiste... »

 

Au-delà des questions que pose le film, il y a aussi les sites de tournage, à Montzen gare et Eupen, notamment. Dans cette ville, c’est à l’Hôtel Bosten que Bouli Lanners a tourné. « J’y ai fait la moitié des communions et des mariages de mes amis. J’y suis passé tellement de fois... » Alors, il ne s’était jamais imaginé qu’il louerait tout l’hôtel pour les besoins d’un de ses tournages.

Capture d’écran 2016-02-23 à 09.45.03.pngMontzen gare, c’est aussi son terroir : « cela a été un grand plaisir d’y tourner, un peu de l’ordre du fantasme ». Bouli Lanners s’est si souvent baladé dans le coin qu’y filmer allait presque de soi. Il a aussi mis en boîte des scènes dans l’église du hameau. « Petite et construite après la Seconde guerre mondiale, pas du genre typique et séculaire. »

La suite, pour lui, ce sera bientôt face caméra, pour « Tueurs », de l’ex-truand réinséré François Troukens. Premier film qui n’est pas sans rappeler les tue- ries du Brabant wallon. « C’est la première fois que je jouerai une crapule », souligne le Calaminois. Ensuite, il planchera sur un scénario personnel et une adaptation d’un autre.

YVES BASTIN dans LA MEUSE VERVIERS du 23 février 2016

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