Les 150 ans de la paroisse de Plombières

Le 10 août 1866, à la suite de l’essor pris par l’agglomération de Plombières, Mgr de Montpellier, évêque de Liège, promulgua un mandement disant : « En conséquence, nous avons décidé de procéder à l’érection de l’endroit nommé Plombières en nouvelle paroisse". 
Le centenaire de cette érection a été célébré avec faste en 1966 et, à cette occasion, F.S. avait publié l'histoire de la paroisse de Plombières dans "Le Journal d'Aubel" du 7 mai 1966.

CENTENAIRE DE LA PAROISSE DE PLOMBIERES
La curieuse localité de Plombières est un village écartelé entre trois communes et pourtant une agglomération bien cohérente qui possède sa vie locale, ses sociétés, son caractère propre. Plombières n’est pas une commune mais une paroisse et une bourgade qui dépend à la fois de Hombourg, Montzen et de Gemmenich. Avant la guerre 1914-1918, la localité portait le nom de « Bleyberg », ce qui signifie ^Montagne de plomb», mais ce toponyme à consonance germanique fut traduit, après les hostilités, en Plombières, du nom d’ailleurs d’une commune de France. L’une et l’autre de ces deux appellations reflètent parfaitement l’origine de la localité. L’histoire de Plombières est inséparable de celle des mines de plomb qui furent exploitées pendant très longtemps en cette paisible et pittoresque région.
Ce sont les gisements plombifères qui ont amené la population à se fixer aux environs des installations industrielles. Ce sont ces gisements qui ont assuré, jadis, les principales ressources des habitants et ce sont encore eux qui furent le prétexte de la création d’une paroisse, qui, dans un tout proche avenir, à savoir dans le courant de ce mois de mai, va célébrer par diverses manifestations son centième anniversaire.
Actuellement, on ne parle plus des gisements de plomb car ou bien ils sont épuisés ou bien leur exploitation est devenue vraiment trop coûteuse. Néanmoins la communauté Plombières demeure active et prospère et les prochaines fêtes seront là pour en témoigner.
Depuis quelques temps déjà, un comité s’est formé pour la préparation de ces réjouissances et tout le monde songe à ce centenaire.

La naissance d’une paroisse.
Mais avant d’évoquer les cérémonies qui se dérouleront au cours de ce mois de mai, il n’est pas sans intérêt de brosser rapidement, les grandes lignes d’une rétrospective longue d’un siècle.
En 1862, l’extraction du plomb atteignait son apogée, et le hameau de «Bleyberg» ne cessait de se développer. Partout, des maisons s’ajoutaient aux autres, un véritable village naissait.
Et c’est le directeur de la mine lui-même qui, le premier, prit l’initiative de s’adresser à l’Evêché de Liège. Il n’était pas encore question de paroisse à ce moment-là, mais l’industriel demanda l’ouverture d’un oratoire public, afin que les ouvriers et tout le personnel attaché à rétablissement industriel puissent y accomplir leurs dévotions.
L’autorité épiscopale marqua immédiatement son accord et un chapelain fut désigné en la personne de M. l’abbé Hubert Langohr. Les fidèles pouvaient faire baptiser leur enfants à l’oratoire et y faire leurs Pâques. On y donnait aussi le catéchisme préparatoire à la Communion solennelle, mais on ne pouvait pas célébrer celle-ci, pas plus que les mariages ou les obsèques. Ces cérémonies devaient-toujours avoir lieu dans les églises des paroisses proches. Mais deux ans plus tard, les habitants de Bleyberg signèrent une pétition réclamant la création d’une véritable paroisse, avec une église où le culte pourrait être entièrement célébré. Cette pétition allait suivre la longue filière administrative, et elle n’aboutirait que plus de deux ans plus tard.
Des oppositions, dont certaines étaient d’ailleurs fondées, ne tardèrent pas, en effet, à se manifester. Le territoire de la paroisse en projet s’étendant sur trois communes différentes, ces trois localités avaient leur mot à dire dans la suite à donner à la pétition. Gemmenich accepta d’emblée. Hombourg également, avec cette condition : que la commune ne voulait supporter aucune charge. Mais Montzen s’opposa à l’érection de Bleyberg en paroisse en invoquant certains motifs dont notamment les nombreux habitants compris dans la circonscription proposée s'y opposant et que la plupart des signataires de la pétition ne sont pas libres d’exprimer leur volonté étant dépendants du «Bleyberg».

Les motifs impérieux de l’évolution d’une paroisse et ses limites.
Mgr Théodore de Montpellier, évêque de Liège, ne tint cependant pas compte de ces objections et le 10 août 1866, il publiait un mandement établissant la nouvelle paroisse de Bleyberg.
Ce mandement était notamment motivé comme suit : A cause de la distance, les vieillards, les malades ne peuvent sans grande difficulté se rendre à leur paroisse respective, surtout en période d’hiver, pour assister aux offices divins et recevoir les sacrements. D’autre part, de nombreux ouvriers de cet endroit doivent descendre en puits profonds pour en extraire la cendre de plomb et de ce chef sont en continuel danger. Voilà pourquoi il est urgent qu’ils aient un prêtre pour leur administrer à temps les derniers sacrements.
Ensuite, suivait la description des limites choisies comme périmètre de la nouvelle paroisse : «Au Nord, le chemin dit Molenweg jusqu’à la Gueule près de Altemühle et la Gueule jusqu’à la limite de Sippenaeken. A l’Ouest, le ruisseau de Bannhaeg, depuis la Gueule jusqu'à la nouvelle route de Sippenaeken vers Bleyberg, cette route jusqu’à Lattenheurer jusqu’à la rencontre à l’ouest de Bamisch, avec le chemin de Bleyberg à Hombourg, dit Eckerstraet.
Au Sud, à partir du sus-dit point de rencontre on tire une ligne droite jusqu’au poin* où le Elsenweg est traversé par le Teunisgach, ensuite le Elsenweg, passant au Sud de Grand-te-Busch, jusqu’au chemin de Bleyberg vers Montzen près de Natvelt ; ce chemin jusqu'à celui de Te Gaar et le chemin de Te Gaar qui, passant au Nord de celui-ci et au Sud de Born-driesch, aboutit par un sentier au ruisseau dit Broeckerbach ou Spabach et ce ruisseau jusqu’à la Gueule.
A l’Est, celui jusqu'au moulin de Schimper ensuite de Holleweg jusqu au Dusterweg près de Roeberg, celui-ci traversant des campagnes et des prairies jusque près de Vôlkerich, le sentier qui relie ce chemin, au Sud de Vôlkerich au Molenweg»....
C’est la société exploitant les mines de Bleyberg qui avait elle-même fourni le local pour le premier oratoire. En fait, c’était tout simplement un vieux bâtiment ayant servi au lavage des minerais et datant de 1827. Il comprenait un rez-de-chaussée et un étage. Le rez-de-chaussée était composé d’une forge et d’un appartement pour étrangers. L’étage était un hôpital où l’on soignait les malades et les ouvriers victimes d'accidents de travail.  

Enfin, une église... en... 1935.
Lorsque l'oratoire fut créé, on construisit un choeur, un clocheton et une petite sacristie. L’ensemble n’était pas bien joli, fait de matériaux grossiers, et le bâtiment donnait des signes d’évidente vétusté. Mais on avait pare au plus pressé. Une église ne se construit pas du jour au lendemain. D’ailleurs, au début, cet oratoire suffisait pour les besoins des habitants de l’endroit. Mais au fil des années, il devenait de plus en plus délabré et vraiment trop exigu. Ainsi, en 1910, on parla de construire une véritable église.
La guerre 14-18 intervint malheureusement pour ruiner ce premier projet. Il fallut patienter jusqu’en 1929 pour qu’il soit remis à l’ordre du jour, grâce à M. le curé Delhaye. Dans les années qui suivirent, on assista au long cheminement des dossiers nécessaires pour l’obtention des diverses autorisations. Un concours fut organisé entre architectes et ce fut le projet de M. Emile Burguet de Verviers, qui fut retenu. L’adjudication eut lieu en 1934 et le 13 juillet de cette même année, M. le doyen Ferbeck. de Montzen, posa la première pierre du sanctuaire. Et la construction commença aussitôt, confiée aux entreprises Malherbe de Namur, pour la somme globale de 628.896 fr. L’église de Plombières, en style byzantin et roman, fut terminée en 1935, mais il fallut attendre encore plus de 15 ans avant qu’elle ne soit complètement équipée de tous ses ornements définitifs et ce n’est que le 1" mai 1951 que Mgr Kerckhofs, évêque de Liège, vint la consacrer. L’église de Plombières est d’un style très particulier. Ses formes et sa disposition sont inspirées des styles byzantin et roman. Il faut remarquer notamment le plan général basé sur la croix grecque et le grand narthex central, sans aucun pilier, que précède une nef d’entrée, genre antique. Le chœur et les chapelles viennent s’accoler à une sorte de grande rotonde. L’agencement est tel que de tous les points on aperçoit aisément l’autel principal. L’édifice est construit en moellons de Waimes. Les charpentes métalliques, la pierre de taille et le petit granit interviennent aussi dans certaines parties de la construction. Le clocheton est couvert d’une coupole en cuivre rouge.

Huit curés en cent ans.
Les curés de Plombières furent MM. les abbés : Hubert Langhor (d’abord chapelain de l’oratoire, ensuite curé de 1862 à 1874; ; Hubert Loescher (de 1874 à 1382 ) ; Mathias Schifflers (de 1882 à 1885); Johann Kreutzer (de 1885 à 1921); Guillaume Dejalle (de 1921 à 1926); Mathieu Delhaye (de 1926 à 1938); Joseph Schmetz (de 1939 à 1961, hormis les années 1944-1945 durant lesquelles Ü fut déporté en Allemagne; Hubert Houbben (1963 et actuellement encore curé).
Plombières obtint un vicaire à partir de 1909. Ce furent successivement MM. les abbés Jean Schyns, Nicolas Schlosser, Charles Hup-pertz, Joseph Olbertz, Joseph Fias, Emmanuel Grosjean, Emile Nyssen, Joseph Closset. Alphonse Teller. Depuis 1961, le R. P Jules Charlier, Oblat de Maria-Hilf. fait office de vicaire dominical.                    F. S.

VOICI LE PROGRAMME DE CES FESTIVITES
Samedi 14 mai
, à 19 h. 30, a l'Ancien Couvent, concert d’ouverture par la Royale Harmonie Sainte-Barbe de Plombières et la Royale Harmonie de Hombourg.
Dimanche 15 mai
 : à 10 h. 15, rassemblement à Ten Eycken; à 10 h. 30, accueil de S. E. Mgr l’Evêque de Liège, cortège avec la participation de toutes les sociétés locales et les Royales Harmonies de Plombières, Ste-Cécile de Gemmenich et Ste-Cécile de Henri-Chapelle; 11 h. 15, grand-messe d’action de grâces célébrée par Mgr l’Evéque; 15 h., à la Bibliothèque paroissiale, ouverture de l’exposition consacrée au vieux Plombières et aux timbres «Madone»; 20 h., à l’église, concert spirituel par l’Orchestre «Nova» d’Aubel et les Petits Chanteurs Calaminois.
Mardi 17 mai
 : 10 h. 30, grand-messe en l’honneur des anciennes religieuses de la paroisse 19 h. 30, à l'Ancien Couvent, concert par la Royale Harmonie de Gemmenich et la Royale Union Musicale de Hombourg.
Jeudi 19 mai
 : 14 h., match international de football entre R. U. A. Plombières et F. C. Renold Brull (Allemagne); 14 h., à Ten Eycken, concours de tir à la carabine Flobert; 16 h. 30, au Café Welter, concours de tir à la grosse carabine; 19 h. 30, à la salle Welter, concert par le Double-Cinq de Bruxelles, suivi d'un concert par la Royale Harmonie Sainte-Cécile de Montzen.
Samedi 21 mai
 : 14 h., place de la Gare, grand Gymkhana automobile ; 15 h., à la salle Aerts, goûter des pensionnés avec intermèdes par les Sociétés carnavalesques «Blanc et Rouge» et les «Hussards rouges»; 18 h., fancy-fair à l’Ancien Couvent; 20 h., sur guinguette, bal du Centenaire avec The Freddy Band.
Dimanche 22 mai
 : 10 h. 30, messe d’action de grâces (messe à 4 voix de J. Herzet) ; 14 h., à l’Ancien Couvent, fancy-fair; 20 h., sur guinguette, bal de clôture du Centenaire avec l’orchestre «Les Copains».

Les commentaires sont fermés.