Moresnet 3e lieu le plus visité de la province

Après Banneux et le Monde sauvage. Les quatre cinquièmes des visiteurs viennent d’Allemagne

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Avec le 15 août s’ouvre une période de haute fréquentation pour le site de Moresnet-Chapelle. Un des pôles touristiques de la province puisqu’il attire environ 150.000 fidèles et visiteurs l’an. Certes, ici on ne paie pas pour déambuler dans le parc ou s’incliner devant l’ancienne Vierge du 18e siècle dans sa chapelle. N’empêche, les visiteurs convergent encore vers ce site méconnu pour beaucoup, mais qui attire des foules d’habitants du Limbourg néerlandais mais aussi et surtout d’Allemands. « La voie de pèlerinage vers Saint-Jacques de Compostelle venant d’Aix passe aussi par ici », explique le bourgmestre, Thierry Wimmer.

Avec une fréquentation annuelle estimée à 150.000 pèlerins, Moresnet Chapelle est, selon toute vraisemblance, le troisième site (non sportif) le plus visité de la province. Loin derrière Banneux, où l’on estimait le nombre de visiteurs à un demi-million, voici quatre ans, et le Monde sauvage et les grottes de Remouchamps qui, à deux, comptabilisent 384.000 visiteurs (dont les trois quarts pour le parc animalier). Avec 150.000, Moresnet devance largement Blegny-mine (101.000), l’Aquarium de Liège (92.000), le domaine de Wégimont (91.000), le Musée de la Vie wallonne (72.000) ou le Grand Curtius.

Cette fréquentation est répartie de manière inégale dans le calendrier. Deux temps forts : mai, que l’Église catholique considère comme le mois de Marie, et septembre. Avec quelques temps forts supplémentaires jalonnant une saison des pèlerinages qui s’échelonne entre mai et le deuxième dimanche d’octobre. Dont ce lundi de la fête de l’Assomption, où l’on a évalué l’affluence à au moins 2.000 personnes, explique Marc Bindels, au secrétariat du pèlerinage.

Les Allemands sont traditionnellement très présents et pèsent pour environ 80 % des fidèles. Ce qui s’explique historiquement par le fait qu’on est près d’Aix, mais aussi par la présence depuis 1875 de franciscains allemands chassés de leur patrie par le chancelier Bismarck. Un pèlerinage hebdomadaire de 24 kilomètres aller et retour part aussi d’Aix, à travers bois, le mercredi, depuis 1863. « On s’appelle d’ailleurs le pèlerinage des trois frontières, car ici, tout est traduit pour être présenté en trois langues », souligne Marc Bindels. Ce caractère transfrontalier reste bien ancré dans le village. Les franciscains, principalement germanophones, qui se sont succédé sur le site du pèlerinage l’ont quitté en 2005. Mais, l’évêque de Liège, Jean-Pierre Delville, est parvenu à ramener une autre communauté, d’origine germano-néerlandaise, celle « de l’amour crucifié et ressuscité », en 2014. Les visiteurs se rendent à la chapelle, pour y invoquer la Vierge à l’origine du pèlerinage, mais aussi dans le parc voisin de 2,4 hectares, aménagé entre 1901 et 1904. Quatorze grottes y abritent un chemin de croix. Le parcours y est jalonné d’arbres impressionnants, qui attirent même des classes d’écoles d’horticulture. Le roi Baudouin et Fabiola étaient aussi des habitués, mais discrets, des lieux.

YVES BASTIN dans LA MEUSE VERVIERS du 17 août 2016.

Dans l’ancienne forge

Centre d’accueil

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Pour bien accueillir le pèlerin, l’ASBL gérant le pèlerinage fait restaurer l’ancienne forge du couvent franciscain. Un couvent dont les deux ailes ont été transformées pour abriter de nouveaux religieux religieuses et 13 résidences-services que gère l’AIOMS. Dans l’ex-forge, on pourra manger son pique-nique ou assister à des réunions ou des prières dans deux salles, dont la plus grande aura une capacité de 100 personnes. Le bâtiment devrait être fermé pour l’hiver et terminé fin 2017. Outre l’ex-forge, le hameau propose trois vastes restaurants tenus par des privés et un magasin d’articles religieux outre celui de l’ancien couvent. Mais ce type de commerce fait de moins en moins recette, explique Simon Vaessen, qui tient le premier. Jadis, se souvient-il, ils étaient au moins quatre.

Tout commence en 1750

La Vierge d’un pieux épileptique

À l’origine du pèlerinage, il y a Arnold Franck. Effrayé par un séisme, il devient sujet à des crises d’épilepsie. Il demande alors à une dame de lui ramener d’Aix une statue de la Vierge. En 1750, il la place sur un chêne. Il la prie et sera délivré de son mal. Par après, des fidèles invoqueront Marie pour éviter les épidémies dans le bétail. La première procession a lieu en 1797. La chapelle bâtie en 1823 est agrandie, puis remplacée par l’actuelle en 1879. Des franciscains allemands s’établissent ici en 1875, après la suppression des couvents franciscains par Bismarck. Ils y érigent un couvent et animeront le pèlerinage jusqu’en 2005. 

Estimations

Bougies repères

Pour estimer l’affluence d’un jour de pèlerinage, l’ASBL Pèlerinage marial se base entre autres sur le nombre de bougies de tout type vendues. Pour ce lundi 15 août, jauge Marc Bindels, on en aurait allumé entre 2.000 et 2.500. Ce qui lui permet de déduire qu’il devait y avoir plus de 2.000 fidèles.

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