Bernard Tychon utilise la météo pour préserver les cultures

Le Hombourgeois conseille aussi les agriculteurs en se basant sur des images de satellite ou de drones

Bernard Tychon, origi- naire de Hombourg (Plombières), est agro-météorologue à l’ULg : il utilise les données météo pour conseiller les agriculteurs, notamment pour limiter les pesticides, mais aussi pour prévoir les rendements et permettre de réguler le marché.

L’agrométéorologie, vous connaissez ? C’est la discipline qui permet de comprendre comment le climat agit sur le développement des cultures. Cela permet entre autres de prévoir les rendements. Ce qui est bien utile, notamment dans certaines régions du monde su- jettes aux famines. Cette disci- pline permet aussi d’expliquer comment certaines maladies vont se développer, en fonction de l’humidité, des températures… Avec pour objectif final de s’adapter pour préserver la récolte, tout en ménageant le sol.

En Belgique, nos chercheurs sont à la pointe dans ce domaine. Et à l’ULg, c’est Bernard Tychon et son équipe qui sont à la manœuvre. Cet agronome originaire de Hombourg (Plombières) a accompli ses études secondaires au Collège Royal Marie-Thérèse à Herve, avant d’étudier l’agronomie à l’UCL, à Louvain-la-Neuve. Désormais, en tant que chargé de cours, il travaille pour l’ULg au campus d’Arlon, à la tête d’une équipe d’une vingtaine de personnes. Cette équipe focalise une partie substantielle de ses activités sur la Belgique. Ainsi, nos spécialistes de l’agrométéorologie publient trois ou quatre fois par an avec trois autres institutions (le Centre wallon de recherches agronomiques à Gembloux, le VITO flamand et l’Institut Royal Météorologique) un bulletin qui permet d’esquisser les rendements à venir dans nos champs, tout en prodiguant des conseils pour les améliorer. Ces prévisions ne se Capture d’écran 2016-09-14 à 08.09.39.pngvérifient pas toujours, tempère Bernard Tychon. Ainsi, cette année, avec des récoltes qui ont souffert de la pluie, qui a empêché d’aller appliquer les produits de protection au moment adéquat. Il y a eu aussi des soucis de verse, avec des cultures qui se couchaient. Mais le problème principal a été rencontré lors de la fécondation des céréales, ce qui a largement contribué à diminuer le rendement. Les céréales et les pommes de terre ont dès lors souffert.

Bernard Tychon souligne que ces recherches permettent de créer de l’emploi. Ainsi, dans le cadre d’une spin-off récemment créée, Agroptimize, quatre personnes utilisent la télédétection pour mettre en œuvre un système d’alerte destiné à optimaliser les cultures. De l’espace, on observe la couleur des diverses parties des champs pour adapter les apports en produits de protection et en azote. « Les satellites sont capables de nous donner ce type d’information. Mais on travaille aussi avec des drones », indique le Hombourgeois. On a dès lors une agriculture de précision. C’est plus rentable, et ça permet d’éviter d’exagérer les apports là où ils ne sont pas nécessaires. Des essais concluants ont été réalisés au Grand-Duché de Luxembourg. Et un programme devrait bientôt permettre à nos agriculteurs abonnés au système d’alerte de bénéficier de conseils personnali- sés, selon leurs portions de parcelle.

« Avant, on passait trois fois sur les champs. Maintenant, on en est arrivé à un traitement et demi, voire aucun », se réjouit Bernard Tychon. Tout bon à l’heure où l’on tente de limiter l’utilisation de pesticides. 

YVES BASTIN dans LA MEUSE VERVIERS du 14 septembre 2016

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