À St-Joseph, section menacée à cause du GPS

Étonnant dossier que celui qui a été récemment plaidé au Conseil d’État : l’Institut Saint- Joseph de Welkenraedt y attaque la Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB) pour une histoire de calcul de trajet via GPS. Mais l’auditeur, dont l’avis est suivi dans la plupart des cas, a recommandé de donner raison à l’école.

Capture d’écran 2016-11-22 à 10.36.13.pngSaint-Joseph Welkenraedt contre la FWB : c’est une étonnante histoire avec comme pomme de discorde le maintien ou la suppression de la section d’une section technique de qualification à l’établissement welkenraedtois. La réglementation prévoit qu’il faut un certain nombre d’élèves et au moins 12 kilomètres entre un établissement et l’école de même caractère la plus proche pour conserver ce type de section dans une région à la densité supérieure à 250 habitants au km 2 . L’objectif est d’éviter une concurrence trop forte entre écoles, quels que soient leurs réseaux. Or, la FWB a recalculé les distances entre Saint-Joseph Welkenraedt et Notre-Dame Gemmenich. Le GPS a alors livré un verdict paraissant condamner, ou en tout cas gravement menacer, la section de l’école.

Pour Saint-Joseph, explique-t-on au cabinet de la ministre Marie-Martine Schyns, la norme du maintien du 3e degré technique de qualification (ndlr : soit pour les dessinateurs ou dessinatrices en construction) est fixée à 20 élèves. Or, il y en avait 16 en janvier 2014 et 19 en janvier 2015. Dans ces conditions, la section aurait dû fermer le 1er janvier 2015 ou solliciter une dérogation. Ce qui a été fait et a permis d’obtenir un maintien temporaire. Heureusement, le 15 janvier, le chiffre était atteint, avec 23 élèves. « Par contre, souligne-t-on au cabinet de la ministre Schyns, la norme de 25 élèves (et non de 20) pour le 2e degré technique de qualification (en construction) n’était pas atteinte ni au 15 janvier 2015 (23 élèves), ni au 15 janvier 2016 (17 élèves). » Néanmoins, « une dérogation a été demandée et obtenue » pour 2016- 2017.

Saint-Joseph est entre-temps passé à la contre-offensive, contestant les calculs de distance de la Fédération. Car si dans un sens le parcours est long de 11,6 km, dans l’autre, il atteint 12,1 km, souligne Marie Vastmans, avocate de l’école. D’où vient cette différence ? Du fait que dans un sens, on ne peut en théorie emprunter certaines routes mises en circulation locale, du côté de la rue des Myosotis, non loin du Centre culturel de Welkenraedt.

 

En venant vérifier, la FWB n’avait pourtant pas roulé 12 km. « Mais, souligne Raymond Bebronne, le sous-directeur, alors, pendant la transformation de la place (ndlr : des Combattants), on avait enlevé tous les panneaux circulation locale dans les cités ». Au Conseil d’État, en suspension, Saint-Joseph avait été débouté : on avait considéré qu’il n’y avait pas urgence, à cause de la dérogation temporaire. Restait la procédure en annulation, qui va plus en profondeur. Ici, l’auditeur du Conseil d’État a rendu un avis donnant raison, par deux moyens, à l’école. Il rejette notamment la volonté du ministère de faire la moyenne entre les deux trajets, dont le résultat serait qu’une centaine de mètres manquent. Selon l’auditeur, un seul dépassement suffirait. Mais le Conseil d’État doit encore statuer, avec un arrêt très attendu.

Pour Christian Corman, directeur de Saint-Joseph, conserver cette offre en technique de qualification se justifie d’autant plus que le champ de recrutement de l’école est limité dans une région proche de la Communauté germanophone, des Pays-Bas et de l’Allemagne. Pour Notre-Dame Gemmenich, il n’y aurait pas d’incidence, selon sa direction, qui ne souhaite pas faire de commentaire. Selon le cabinet de la ministre, « Pour le moment, aucune conséquence sur l’emploi. La dérogation est reconductible d’année en année, sur avis du Conseil général de concertation. » Évidemment, en fonction de l’arrêt du Conseil d’État, ça pourrait changer… 

YVES BASTIN dans LA MEUSE VERVIERS du 22 novembre 2016

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