Bouli Lanners a oublié ses Magritte à Bruxelles

Meilleur réalisateur, meilleur acteur dans un second rôle pour David Murgia, meilleurs décors et meilleurs costumes, sans oublier le trophée très convoité de meilleur film. Avec cinq récompenses pour « Les premiers, les derniers », Bouli Lanners a été le grand gagnant de la dernière cérémonie des Magritte du Cinéma. Une cérémonie d’exception au cours de laquelle son talent a été distingué. Mais qui a aussi contribué à perpétuer une certaine forme de surréalisme à la belge, à moins qu’il ne s’agisse d’une manifestation de l’humilité liégeoise légendaire : le grand gagnant de la soirée est en effet reparti sans ses trophées !

Au micro de nos confrères de RTL, Bouli confiait ainsi que son trophée de meilleur réalisateur « est le Magritte qui me touche le plus, parce que le plus important pour moi, c’est la réalisation. C’est ce qu’il y a de plus dur pour moi aussi. C’est la chose dans laquelle je m’implique le plus et pour laquelle j’ai toujours ce sentiment d’imposture, qui décidément ne me quittera ja- mais. Et de recevoir le Magritte, comme un adoubement par la profession, me touche particulièrement. On se fait chaque fois prendre au jeu, évidemment je suis ému ».

« ÇA ARRIVE »

Est-ce sous le coup de l’émotion que le réalisateur liégeois a oublié ses prix sur les lieux de la cérémonie ? La distraction, plutôt, ainsi que l’explique Bouli : « dans ce genre de cérémonies, tu n’as pas une minute à toi. Tu serres des pinces, tu réponds à des questions, tu prends des photos… Le temps de poser, tu déposes tes récompenses, et puis voilà, tu les oublies ! Heureusement, j’ai téléphoné aux organisateurs, qui les ont retrouvés et les ont directement mis de côté ». Et Bouli d’ajouter : « ce sont des choses qui arrivent »… Peut-être, mais encore faut-il avoir fait sacrément bonne impression au jury pour avoir autant de trophées à oublier… Nominé huit fois aux Magritte, « Les premiers, les derniers » n’était pas le premier film de Bouli à taper dans l’œil du jury.

En 2012 déjà, il avait reçu le prix du meilleur film et de la meilleure réalisation pour « Les Géants », tandis que la cérémonie 2013 l’avait vu remporter le prix du meilleur acteur dans un se- cond rôle pour son interprétation dans « De Rouille et d’Os ». Et il n’y a pas que le jury des Magritte à être séduit par le talent de Bouli, qui a déjà reçu le Swann d’Or du meilleur réalisateur pour « Les premiers, les derniers » au Festival du Film de Cabourg. Avec Bouli Lanners et Albert Dupontel en tête d’affiche, le film met en scène deux inséparables chasseurs de prime, à la recherche d’un télé- phone volé au contenu sensible. Une comédie dramatique à découvrir sans tarder pour ceux qui ne l’auraient pas encore regardée.

KATHLEEN WUYARD dans LA MEUSE du 7 février 2017

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