L’incroyable boom des transfrontaliers

Le nombre de travailleurs issus de l’arrondissement de Verviers (francophones + germanophones) et qui travaillent à l’étranger va galopant. Les dernières statistiques publiées par l’INAMI en témoignent. Des chiffres remontant à juin 2015 et qui affichent un total de 10.965 travailleurs verviétois qui passent la frontière d’un pays limitrophe. On est certes encore loin des 29.994 de l’ensemble de la province du Luxembourg. N’empêche, notre arrondissement qui est loin d’être le plus peuplé de Wallonie pèse pour une part appréciable du total wallon (51.548) et même belge (85.515).

 

 

On compte de plus en plus de travailleurs verviétois (au sens large) passant une frontière pour aller gagner leur croûte. Désormais, ils sont 10.965. Et la tendance n’est pas près de s’inverser. À titre de comparaison, en 2005, ils n’étaient que 8.261 Verviétois (au sens large) à aller turbiner de l’autre côté d’une frontière. En dix ans, le nombre a augmenté de 32,6 %, soit près du tiers.

Et où ces travailleurs vont-ils exercer leur métier ? Une poignée se rend en France (12 à peine). Ils sont davantage à aller aux Pays-Bas (430). Par contre, 5.251 passent les limites grand-ducales. À peine moins que ceux qui prennent la direction de l’Allemagne. Néanmoins, les 5.272 allant gagner leur vie chez nos voisins germains sont encore plus nombreux, en raison du système de comptabilisation allemand. Pour la localisation par arrondissement, on ne dispose en effet que des statistiques relatives à ceux qui cotisent à une caisse d’assurance maladie-invalidité publique, dans le cas des travailleurs allemands. Or, en Allemagne, une partie significative des travailleurs choisit de cotiser à une caisse privée. Ce qui assure très souvent une prise en charge plus rapide des bénéficiaires, des rendez-vous avancés… Et ces assurés privés n’entrent en ligne de compte que pour les statistiques nationales.

En deux ans, c’est au Grand-Duché que la progression des travailleurs frontaliers a le plus augmenté : +54,6 % ! Capture d’écran 2017-02-13 à 09.48.34.pngCôté néerlandais, la progression, a été de 66,6 %, mais il est vrai que l’assiette était moins large. On observera que du côté allemand, les femmes sont plus nombreuses à passer la frontière (2.792, contre 2.480 messieurs). Par contre, au Grand-Duché, les hommes sont légion (3.723 contre 1.528 dames). Ces chiffres, énormes, surprennent Jean Jungling, le directeur de l’UCM, à Verviers. Mais il s’en félicite : « Cela veut dire que nos travailleurs sont très appréciés par des employeurs étrangers. Et très exigeants, comme en Allemagne. » Et les entrants, soit ceux qui viennent de l’étranger pour bosser en Belgique ? Ici aussi, la progression a été forte en dix ans : on est passé de 476 personnes en 2005 à 642 en 2015. Avec une courbe nettement moins lisse. En effet, on était monté à 773 en 2008, avant d’osciller entre 600 et 700 depuis, avec une lente tendance à la baisse. Dans ce cas, les hommes sont ultra-majoritaires : 445 contre 197 femmes en 2015. Et 82,5 % du total qui vont turbiner en Allemagne. Suivent ceux qui viennent exercer leur métier chez nous en venant de France (57), des Pays-Bas (38) et du Grand-Duché (17). 

D'une page d'YVES BASTIN dans LA MEUSE VERVIERS du 13 février r2017

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