Kevin Van Melsen (Wanty) au 50e Samyn qui sera disputé sous des températures polaires, ce mardi entre Quaregnon et Dour.

« Choisir le bon nombre de couches »

La couenne épaissie par les milliers de bornes qu’ils s’imposent chaque année, sur tous les terrains et par tous les temps, les durs au mal du peloton vont certes grimacer ce mardi matin, en quittant les plumes pour rejoindre le départ du Samyn. Mais pas de complainte, pas de voile pudique servant d’excuse si la mécanique se grippe en cours de journée : les aléas climatiques font partie intégrante de leur job, les coursiers qui ferrailleront sur le pavé hennuyer feront face aux frimas en essayant de ne pas les prendre en plein front !

LIBERTÉ DE MOUVEMENT

« Le gel, les températures glaciales, ce n’est évidemment pas agréable mais c’est moins compliqué à gérer qu’une humidité qui vous transperce et vous glace les os », nuance le Liégeois Kevin Van Melsen (Wanty-Groupe Gobert). « L’an dernier, lors du succès de Guillaume Van Keirsbulck, la pluie froide avait été implacable, même si elle avait plutôt amené de la chaleur dans nos cœurs avec le succès de Guillaume… »

Ce mardi, pour faire face, « ce sera surtout une question de couches », sourit le coureur originaire de Welkenraedt. « Quand il fait froid mais sec, on empile les couches de vêtements, puis on les retire au fil de la journée, en fonction de l’intensité de l’effort. C’est plus facile à gérer que des maillots humides. »

Les sept coureurs de l’équipe wallonne ont prévu de partir « en long », avec collants ou jambières, manchettes, chaussons, maillot en Wintex (sorte de paletot très chaud et souple) et « Gabba » (veste imperméable à manches longues). « Pour des sorties d’entraînement par temps glacial, on n’hésite jamais à additionner les couches mais pour la compétition, la difficulté est de trouver le juste équilibre. Le dosage forcément imparfait entre la résistance au froid et la liberté de mouvement. »

Kevin Van Melsen tire les leçons de ses choix dominicaux, lors d’un Kuurne-Bruxelles-Kuurne où les gouttes au nez se sont transformées en stalactites. « Je portais un bonnet trop léger, de sorte que j’ai rapidement ressenti une barre au niveau du front et des sinus. Au Samyn, mon couvre-chef sera donc plus chaud. A contrario, j’avais enfilé des gants qui étaient trop épais. Je manquais dès lors de sensations au guidon, ce qui n’est pas conseillé et peut même être dangereux… »

EXTRÉMITÉS SENSIBLES

Mais de solution miracle il n’y a pas, lorsqu’on reste cinq heures en selle. Les muscles finiront par s’engourdir, l’organisme sera soumis à rude épreuve. « Les équipementiers ont énormément travaillé pour améliorer la qualité des fibres, la technologie progresse sans cesse, mais rien à faire : les mains et les pieds restent les points sensibles… » 

ERIC CLOVIO dans LA MEUSE VERVIERS du 27 février 2018

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