Le camion du Plombimontois avait tué Éric en 2011.

Le Plombimontois a été acquitté

Le 29 septembre 2011, Éric Degeest, un père de famille originaire d’Amay, perdait la vie dans un accident survenu à Neuville-en-Condroz. Il était à moto lorsque sa route avait croisé celle d’un camion avec remorque… Le tribunal correctionnel de Liège vient, en appel de police, de statuer sur ce drame.

Un jeune homme de Plombières, qui avait 20 ans au moment des faits, conduisait le camion, d’une longueur totale de près de 12 mètres.

Il s’était arrêté à contresens de la circulation, sur l’accotement droit dans le sens Liège/Marche, et ce afin d’acheter une pizza. Il avait ensuite redémarré pour traverser la chaussée et retourner vers Liège, ce qu’aucun signal ne lui interdisait.

Le motard circulait en direction de Marche, phares allumés.

Il avait dépassé deux véhicules lorsqu’il s’était rendu compte, trop tard, que le camion traversait la chaussée. Il avait percuté violemment la remorque.

En première instance, le tribunal de police avait estimé que le jeune conducteur du camion était responsable d’un homicide involontaire, et il l’avait condamné à une peine de six mois de prison avec sursis et une amende de 550 euros. Les trois magistrats ont cependant réexaminé l’ensemble, en appel.

137 KM/H AU LIEU DE 90

La vitesse, sur cette zone, était limitée à 90 km/h. En se basant sur les conclusions de deux experts, le tribunal a retenu une vitesse de 137 km/h pour le motard (c’est l’estimation la plus favorable au prévenu qui, dans ce cas, est retenue). Le camion circulait quant à lui, selon l’expertise retenue par le tribunal, à 17 km/h. En se basant sur ces estimations, la moto était à 214 mètres du point d’impact lorsque le chauffeur du camion a entamé sa manœuvre.

Par ailleurs, au vu des différents dépassements qu’elle avait opérés, la moto a pu n’être visible du conducteur de camion qu’à 40 mètres de l’accident, à hauteur de la pharmacie Sauvenay, au dernier dépassement.

Même si le conducteur du camion avait arrêté sa manœuvre, cela n’aurait rien changé, a conclu le tribunal, qui a ajouté, en se basant encore sur les calculs des experts, qu’en roulant à 90 km/h, le motard aurait pu passer sans encombre derrière le camion, car celui-ci aurait eu le temps de se dégager.

Le jugement prononcé en première instance a donc été réformé : le jeune homme de Plombières est acquitté. 

D'un article de LWS dans LA MEUSE VERVIERS du 3 avril 2018.

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