« Ni un pied, ni un euro à La Calamine »

Si la rencontre entre La Calamine et le RWDM n’avait aucun enjeu sportif – les locaux étant condamnés à la descente alors que les visiteurs sont champions depuis 15 jours – c’était surtout l’occasion pour Egide Sebastian de faire ses adieux à son public après 37 ans de présidence.

Capture d’écran 2018-04-23 à 10.18.30.pngPrésident, vous venez de vivre votre dernier match à domicile. Quel est votre sentiment ?

Je me sens bien. Je suis même soulagé car depuis trois-quatre ans, j’étais démoralisé.

Démoralisé ?

Oui, car depuis qu’on a lancé la deuxième équipe, les problèmes se sont accumulés. En fait, c’est un deuxième club qu’on a créé. Mais il y en a un qui paye tout et l’autre rien. Beaucoup de gens se sont remplis les poches sur le dos du club ces dernières années.

Les résultats n’ont pas aidé.

Non, cela n’a rien à voir. Cela n’a pas joué dans ma décision. En 37 ans, j’ai connu d’autres mauvaises saisons et des relégations. Mais ici, quand on te tire dans le dos, ça ne va pas.

Finalement, on a l’impression que vous êtes soulagé de cette fin de règne.

Oui, c’est une délivrance, c’est ça. Et puis, il y a aussi le problème de trouver les bénévoles. C’est de plus en plus compliqué. Mais je suis quand même content parce qu’on a réalisé notre meilleure recette de la saison après le match contre Liège.

Vous n’êtes pas quand même un peu nostalgique ?

Non, pas du tout. La page est déjà tournée. J’ai envoyé ma lettre de démission cette semaine. Le lundi 30 avril, je ne serai plus président de La Calamine. Mardi, on clôture les comptes et c’en sera fini pour moi.

Vous reverra-t-on quand même ici comme simple spectateur ?

Non, plus jamais. Je ne mettrai plus jamais un euro, ni un pied ici.

Vous avez quand même des bons souvenirs ?

Oui, il y en a beaucoup. Mais les choses ont beaucoup changé, avec les joueurs aussi. Avant, ils touchaient déjà de l’argent, mais ils en dépensaient aussi. Ils restaient boire un verre. On fermait la buvette à 00h-01h et maintenant, il n’y a plus personne à 18h-19h.

Dans le passé, vous n’hésitiez pas non plus à virer un coach et son staff après deux défaites. Mais pas cette saison. Vous aussi, vous avez changé ?

Non, je n’ai eu aucun problème avec le staff cette saison. Dans une société normale, après deux fautes, vous êtes viré. C’est pareil en football. Quand vous êtes correct, il n’y a aucun problème.

Le staff a donc été irréprochable ?

Oui, ils ont été corrects.

Qu’allez-vous faire désormais ?

Depuis 10 ans, je suis sponsor du club d’handball de Visé. Mais je n’y ai jamais été comme j’étais à La Calamine en même temps (rire). Ce sera l’occasion d’enfin y aller mais attention, pas dans le comité.

Que peut-on encore vous souhaiter ?

La santé ! Le reste, c’est le travail.

JULIEN DENOËL dans LA MEUSE VERVIERS du 23 avril 2018.

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