« J’imagine de nouvelles recettes »

Xavier a réalisé son rêve de gosse. Il adore ce métier de boucher qu’il juge créatif et enrichissant.

Capture d’écran 2018-08-30 à 09.45.49.png

Chaque jeudi jusqu’au dimanche 7 octobre, Journée découverte entreprises, Sudpresse consacre une série de portraits aux métiers en pénurie en Wallonie. Certains manquent systématiquement de travailleurs. Nous poursuivons notre série avec un boucher. Rencontre.

Xavier Vliegen, 41 ans, est boucher à la Boucherie Porcs Amarelles depuis 3 ans. La boucherie propose une sélection de viandes provenant principalement de l’exploitation familiale et découpée sur place à Montzen.

« Étant filles d´indépendant et ayant grandi dans cet esprit, il nous semblait naturel, en ces temps de crise, de chercher à améliorer notre quotidien », nous explique Muriel Roebroeks. « Papa élève des porcs depuis plus de 40 ans et donc, l’idée était de pouvoir promouvoir la qualité des bêtes élevées. Le chaînon manquant de la société familiale était la vente des produits de la ferme aux particuliers. C´est pourquoi, en 2010, nous avons décidé de retourner à de vraies saveurs, et de créer une boucherie-charcuterie artisanale à la ferme, en offrant à notre clientèle tous les produits naturels disponibles à la campagne (sirop, produits laitiers, œufs…) » Avant d’intégrer la Boucherie Porcs Amarelles, Xavier Vliegen a d’abord été indépendant. « Pendant 11 ans. J’ai travaillé dans d’autres boucheries, j’ai fait l’apprentissage. »

DIVERSITÉ

Capture d’écran 2018-08-30 à 09.45.18.png« Mon métier est très varié. On commence comme aujourd’hui à faire la découpe. Le mercredi, on fait les charcuteries et les préparations. Le jeudi matin, on commence à préparer les commandes, on termine les charcuteries. Le magasin est ouvert l’après-midi. Je m’occupe aussi un peu de la vente au comptoir. Le vendredi, on produit les salaisons. » Xavier Vliegen a suivi un apprentissage en boucherie-charcuterie à l’Ifapme de Verviers. « Et j’ai fait des études pour être chef d’entreprise en boucherie-charcuterie en cours du soir. » « Boucher est un beau métier. Il donne la possibilité d’être créatif, de fabriquer des nouvelles charcuteries, d’imaginer des nouvelles recettes, de faire de nouvelles choses… Et puis, quand on a le retour du client, c’est toujours agréable. Quand le client revient et dit : ‘Ce que j’ai goûté, c’était bon !‘» Au printemps, je prépare un pâté aux asperges. On fabrique un chorizo. Je donne des conseils de cuisson aux clients. Et puis, ils reviennent et me disent: ‘J’ai fait comme tu m’as dit et c’était réussi.’ Ça fait plaisir! Ce n’est plus un métier comme avant, avec le tablier rempli de sang. Maintenant, on est équipés pour travailler plus facilement.» Selon la charge de travail, Xavier commence ses journées vers 6h ou 7h.

« Et je termine à 16h. Ce sont des journées où on est beaucoup debout. Mais quand on s’amuse au travail, ça passeCapture d’écran 2018-08-30 à 09.45.26.png vite. » « Les avantages ? C’est un métier qui a de l’avenir. On cherche toujours des bouchers. C’est un métier en pénurie… Mais c’est un beau métier ! » Et les inconvénients ? « Il y en a aussi. Malheureusement, on est dans le froid, debout… » Xavier Vliegen aime son métier. Et cela se voit. Ce qu’il préfère ? « La charcuterie. C’est mon domaine. C’est ce que j’aime bien faire. Et j’aime surtout faire les salaisons, les salamis, etc. Je suis vraiment passionné. Mon parrain était boucher. Et quand j’étais petit, il m’a proposé de l’aider dans son travail. Et dès que j’ai commencé avec lui, j’ai adhéré. Je savais déjà à 8 ans que je voulais être boucher. J’ai commencé l’apprentissage à 16 ans. Et ça m’a plu tout de suite. C’est vraiment une passion. » Une passion qu’il transmet désormais à de potentiels futurs confrères.« Je donne des formations à l’Ifapme. Transmettre aux jeunes est quelque chose que j’aime. J’aime tellement les bonnes charcuteries que je ne suis plus capable d’aller en grande surface. En vacances, j’ai été acheter de la charcuterie à la ferme. »  

NICOLAS DEWAELHEYNS dans LA MEUSE du 30 août 2018.

Les commentaires sont fermés.