Interview de Tommy Scholtès: « Faute de prêtres, on restructure »

Tommy Scholtès, porte-parole de la Conférence épiscopale, a participé à la rédaction de ce rapport et répond à nos questions.

Peut-on dire qu’il y a de moins en moins de catholiques pratiquants en Belgique ?Capture d’écran 2018-11-26 à 08.20.51.png

« Il y a eu une légère baisse, une érosion aujourd’hui stabilisée autour des 9 %, ce qui représente un million de personnes qui vont donc régulièrement à la messe le dimanche. Cela reste un chiffre intéressant. Ils ne vont pas tous les dimanches à l’église, mais s’y rendent régulièrement ».

Pourquoi cette érosion ?

« Parce que la société a changé. À l’époque de nos grands-parents, les valeurs chrétiennes étaient la référence principale. L’église y tenait un grand rôle social et communautaire. Aujourd’hui, il y a internet, les loisirs, une plus grande mobilité, on fait des marches Adeps le dimanche, on va à des bourses d’antiquité… Ce n’est pas une concurrence mais ce sont d’autres façons de vivre. Et puis, il y a eu la crise de la pédophilie au sein de l’Église. Une partie de la population a fait le lien et a décidé de ne plus se rendre à l’église.

Aujourd’hui, tout cela est apaisé ».

Est-ce raisonnable, pour les pouvoirs publics, d’entretenir 4.296 églises alors que le nombre de pratiquants diminue ?

« Les autoroutes, les théâtres, les stades de foot sont aussi entretenus, et les stades de foot ne sont pas remplis non plus. L’État doit garantir la pratique du culte. Cela dit, on n’est pas dans l’immobilisme. On restructure les paroisses et on fermera encore des églises, car leur restauration coûtera trop cher. Mais on ne calcule pas cela à la hache ! Des projets de nouvelles églises existent d’ailleurs. À Etterbeek par exemple, on va en construire une ».

On ne compte que 212 candidats prêtres. Comment allezvous faire pour recruter ?

« Ils ne seront pas assez nombreux pour remplacer tous les prêtres partis à la pension. Et non, on ne va pas lancer une campagne publicitaire de recrutement ! Il y a en effet de moins en moins de vocations. Il y aura des restructurations, on va réorganiser les paroisses ».

Pourquoi avoir rédigé ce rapport ?

« Pour montrer notre pertinence sociale. Pour ne pas enfermer l’Église catholique dans les sacristies, et pour montrer toutes les actions sur le côté auprès des jeunes, auprès des malades, auprès des plus démunis, etc. ».

Vous ne publiez aucun chiffre sur les pédophiles au sein de l’église.

« On sortira un rapport à la mi-janvier, avec des chiffres à ce sujet, et aussi sur tout ce que l’Église a fait et comment elle a vécu cette crise ». 

F. DE H. dans LA MEUSE VERVIERS du 16 novembre 2018 dans le cadre de la publication du rapport annuel de l'Église catholique de Belgique.

« L’Église catholique en Belgique: rapport annuel 2018 ». Téléchargeable sur le site catho.be

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