L’hommage poignant à Marcel, héros de Moresnet

Capture d’écran 2019-01-29 à 09.15.05.png« Tu marchais, tu marchais, tu marchais, c’est ainsi que les gens te connaissaient. C’était ta vie et tu l’aimais. Le 22 août dernier, ta vie a basculé. Tu nous as donné une grande leçon de vie. Tu as été un exemple de courage, de patience etusieurs centaines de personnes se sont réunies ce vendredi en l’église de Moresnet-Village pour rendre hommage à Marcel Moyano, la dernière victime de la tuerie de Moresnet-Chapelle. Ce 16 janvier, à 74 ans, Marcel Moyano a rendu son dernier souffle. Il avait été poignardé le 22 août dernier par Michel Gijsens au restaurant le Ramier, alors qu’il voulait l’empêcher de s’en prendre à Lucie et Valérie Leisten, décédées ce jour-là. Grièvement blessé, il s’en est allé après plusieurs mois d’hospitalisation. Ce vendredi, un hommage poignant lui a été rendu où Marcel Moyano a été présenté à plusieurs reprises comme un héros.

« Tu marchais, tu marchais, tu marchais, c’est ainsi que les gens te connaissaient. C’était ta vie et tu l’aimais. Le 22 août dernier, ta vie a basculé. Tu nous as donné une grande leçon de vie. Tu as été un exemple de courage, de patience et de gentillesse. Quand tu pouvais parler, c’était pour prendre des nouvelles des enfants et de toutes les personnes concernées par ce drame. Tu disais que tu n’avais passé que des bons souvenirs au Ramier. Tes forces t’ont abandonné, le combat était trop long ». C’est par ces paroles poignantes qu’une proche du défunt a décrit Marcel Moyano durant la liturgie de ces funérailles ce vendredi matin, dans la petite église de Moresnet.

Le 22 août dernier, le septuagénaire prenait son café, comme d’habitude, attablé dans le restaurant le Ramier, lorsque Michel Gijsens a déboulé. Fou de rage, il s’en prend à Lucie Brandt, son ex-belle-mère, et à Valérie Leisten, son ex-compagne. Les circonstances dans lesquelles Marcel Moyano a été blessé sont encore floues. Dans le village, il se raconte qu’il aurait tenté de dialoguer avec l’assassin. Ceux-ci se connaissaient bien : ils étaient voisins. Le septuagénaire a alors reçu des coups de couteau, notamment au niveau du ventre, qui lui ont été fatals près de cinq mois plus tard. Marcel Moyano est la troisième victime de Michel Gijsens, lui-même mort dans cette attaque, après Lucie Brandt et Valérie Leisten, toutes deux décédées le jour même.

DÉCRIT COMME UN HÉROS

Lors d’une cérémonie d’une heure, les proches de la victime ont pris la parole pour lui rendre hommage et partager, avec les nombreuses personnes présentes, des souvenirs. Dans la plupart des récits, Marcel Moyano est décrit comme un héros, un sauveur. « Ton courage héroïque mérite d’être souligné, alors que tu as toujours été d’une discrétion très naturelle. Nous sommes tous estomaqués devant ce qu’il s’est passé et ébahis devant ce que tu as fait ».

Durant la cérémonie, l’injustice et l’incompréhension ont également refait surface. « Comment ne pas évoquer un sentiment d’injustice et d’incompréhension ? Marcel était juste là au mauvais moment. Il nous rassemble ce matin avec la phrase : aimez-vous les uns les autres. L’attitude de Marcel sur son lit d’hôpital va encore plus loin que cette phrase. C’est celle d’un amour décentré de soi. Grâce à lui, nous sentons bien que c’est cela le choix de l’amour : ne pas caler quand ça devient difficile. Coûte que coûte, même dans une telle situation, je veux aimer. Marcel n’a jamais manifesté de haine ou de rancœur. Il avait compris au plus intime de lui-même qu’il lui était demandé quelque chose de terrible : aimer au-delà, par-dessus tout ».

Lors de la cérémonie, les proches de Marcel Moyano ont aussi eu une pensée pour les autres victimes de la tuerie de Moresnet-Chapelle.

OCÉANE GASPAR dans LA MEUSE VERVIERS du 26 janvier 2019.

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