Une école OUI mais pour y faire et y apprendre quoi ?

Après la colère, le dégoût, la révolte, prenons du recul et laissons place à la réflexion. Une école OUI mais pour y B7C392B5-AFE8-483C-ADC3-1AA6BC012E7C.jpegfaire et y apprendre quoi ?
L’école a pour mission de former les adultes de demain, des citoyens responsables, capables de sens critique qui ne se laissent pas instrumentaliser à des fins idéologiques, politiques ou autres.
L’école a pour mission de développer le sens de l’écoute, du dialogue, du respect d’autrui, l’empathie.

A l’école, l’erreur est tolérée car elle est source d’apprentissage. On y apprend des leçons de l’histoire dans le but de comprendre son passé, d’appréhender son présent et de ne pas commettre les mêmes erreurs. Les méthodes moyenâgeuses où les sorcières étaient brûlées sur la place publique ou encore notre histoire récente du siècle dernier nous apprennent tous les jours à être des citoyens plus éclairés.
On y apprend la liberté d’expression, certes, mais dans le respect de l’autre. On n’incite pas les enfants à la haine, à huer des individus sous prétexte que le collectif permet de ne pas porter la responsabilité individuelle.
A l’école, on essaie de comprendre, de s’informer pour ne pas juger sans savoir. A l’école, on apprend qu’il y a des règles de vie commune nécessaires pour le vivre-ensemble, que klaxonner dans les rues et réveiller des enfants de maternelle n’a rien de constructif pour leur développement, que tout combat a des limites et que le respect du deuil par exemple se doit de passer avant des déterminations mal placées. Certains ont tenté une politique de division et ont, semble-t-il, réussi. L’objectif a pourtant toujours été commun.

Nos efforts en interne ne furent pas vains puisque nous avons beaucoup de chance de maintenir cette école en place pour cette année mais à quel prix ? Sachez une chose, les évènements d’hier et de cette nuit n’auront en rien influencé nos efforts, ils nous donnent juste l’envie de revenir en arrière.
Il faudra analyser tout cela à tête reposée. Aujourd’hui, nous avons peut-être commis une erreur, celle d’avoir communiqué cette fermeture de manière un peu précipitée. Certes, nous ne voyions pas d’éclaircies à l’horizon et l’épée de Damoclès semblait tombée mais au vu du côté émotionnel connu de cette situation, peut-être aurions-nous dû attendre, laisser sous-entendre que l’avenir n’était pas rose. Un peu hypocrite peut-être mais psychologiquement plus soutenable.

Pour le reste, Sippenaeken ne doit pas oublier que le PO peut s’engager dans différents points organisationnels, nous allons déjà très loin sur ce point (projet linguistique, flexibilité avec les gardiennes,…) et les citoyens des autres villages plombimontois pourraient finalement nous le reprocher. Ce n’est pas notre responsabilité de trouver les enfants manquants, et certainement pas d’aller les chercher dans les autres écoles de notre commune.

Alors une école OUI, mais une école ouverture sur le monde, qui forme des jeunes capables de discernement. Si c’est pour ce genre d’école qu’on se bat TOUS depuis février, alors nous n’avons aucun regret. Si c’est pour créer une école de la haine, où l’on apprend à des enfants à créer des calicots découverts ce matin dans nos rues, qui montrent qu’une politique agressive, opportuniste, menée sur les réseaux sociaux et faisant appel à l’émotionnel, peut toucher de nombreuses personnes, alors cette école ne mérite pas d’exister.

A chacun maintenant de s’interroger, les meneurs, les suiveurs et de se demander si on savait vraiment tout, si on est d’accord de cautionner ce qui s’est passé.

Marie STASSEN

(Facebook  -   27 septembre 2019)

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