Suspension du prononcé pour un Plombimontois excédé

Capture d’écran 2020-02-06 à 08.52.08.pngUn habitant de Plombières âgé de 47 ans a comparu devant le tribunal correctionnel de Liège pour une scène presque surréaliste qui s’est déroulée alors que le prévenu était responsable d’un chantier, dans le cadre de travaux de voirie. Les faits ont eu lieu le 20 octobre 2017 à Awans, en région liégeoise ; un conducteur de camion effec-

tuait des manœuvres, sous la direction de son chef de chantier, lorsqu’il avait malencontreusement heurté le muret séparant la voie publique et la propriété d’un couple de septuagénaires, monsieur étant né en 1941 et madame en 1946. Le couple avait assisté à la scène et n’entendait pas laisser les choses ainsi. Le septuagénaire s’était emparé de son GSM pour photographier le camion responsable du choc, mais le chef de chantier s’y était opposé et il avait tenté d’arracher le téléphone des mains du vieil homme. En s’accrochant à son téléphone, le septuagénaire avait perdu l’équilibre, il avait heurté son épouse et celle-ci avait chuté.

Elle a souffert d’une fracture de la jambe gauche qui a entraîné une incapacité de plusieurs mois.

Pour sa défense, l’habitant de Plombières avait expliqué que la chute de la victime était due à un mouvement de recul de son époux. Le tribunal a estimé que le septuagénaire n’aurait pas reculé si le chef de chantier ne s’était pas rué dessus pour lui prendre son GSM. Il n’avait pas le droit d’empêcher la prise de photos, et il est le seul responsable de ses agissements, tranche le jugement.

Les faits étaient initialement qualifiés de coups et blessures volontaires, mais la juge a examiné la scène sous un autre angle : il n’y a pas eu de coups volontaires mais bien tentative de vol (du GSM du septuagénaire) puis des coups et blessures involontaires sur l’épouse. Retenant le contexte particulier de la scène, l’état de stress dans lequel le prévenu était suite à des retards de chantier, et enfin son absence d’antécédents judiciaires, le tribunal lui a accordé une suspension du prononcé. C’est au civil que les dommages seront cependant élevés.

LWS dans LA MEUSE VERVIERS du 6 février 2020.

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