Portrait du Frère René HANSSEN sj de la COMMUNAUTÉ SAINT-MICHEL à BRUXELLES

Relier, aimer et servir : voilà ce qu'il a tenté de faire, au cours d'une vie déjà bien accomplie.
Capture d’écran 2020-03-03 à 12.03.12.pngRené Hanssen a l'habitude de dire qu'il n'a pas de vrai métier, si ce n'est celui de relier les livres. Ce métier, il l'a appris en entrant en 1948, à l'âge de 14 ans, à l'Institut missionnaire de Namur, dirigé par les jésuites. Personnes pieuses et courageuses, ses parents ont été heureux de l'entrée à l'internat de leur fils cadet. Agriculteurs en Province de Liège, ils ont été ruinés suite à la destruction de leur exploitation par les Allemands en 1939 ; René avait alors cinq ans.
À 15 ans, il exprime déjà le désir de devenir religieux. Son parrain, missionnaire en Chine, l'aurait préféré Scheutiste (Congrégation du Cœur Immaculé de Marie) comme lui. L'épanouissement de ces années de jeunesse lui vient encore du scoutisme où, « Castor Diligent », il est reconnu pour son sens du service, rendu avec efficacité.
Après le postulat, il entre au noviciat à Arlon en 1952 pour devenir Frère jésuite. Ses supérieurs lui reconnaissent le talent de s'occuper des autres ; aussi est-il engagé comme manuducteur - responsable des équipes, dirait-on aujourd'hui. Il a à peine 20 ans et de lourdes responsabilités humaines. Durant neuf ans, il est « au service » du matin au soir, week-ends inclus, et il en est heureux. Si ce sont surtout les aspects matériels de la vie communautaire qui l'occupent, de la porterie à l'entretien des bâtiments, et même
de la ferme, il s'efforce d'accorder de l'attention à chacun, simplement et à la manière du Christ. Servir ne va pas sans aimer.
En 1953, Frère René est envoyé au théologat d'Eegenhoven (Louvain) et poursuit son activité de manuducteur. La maison comptejusqu'à 215 jésuites... et seulement trois Frères ! Quinze nationalités s'y côtoient mais une même vie de jésuite, magnifique, s'y déploie. En 1980, après le déménagement de la bibliothèque d'Eegenhoven vers l'Université de Namur - un demi-million de livres à déplacer -, il est nommé ministre à Saint-Michel (Bruxelles). Cela fait 38 ans aujourd'hui et, chaque jour, entre les bâtiments, le parc et les jardins qu'il affectionne, il continue de servir. Il loue le Seigneur pour la beauté de la nature, celle d'ici, celle de la montagne qu'il a découverte, sac au dos, lors de cinq tours du Mont-Blanc.
En six décennies de vie jésuite, il a pu assister à l'évolution de la Compagnie. Ces changements, il les a notamment observés en participant aux cinq dernières Congrégations provinciales de la Belgique méridionale et du Luxembourg où il représentait les Frères.
Relier des personnes plutôt que des livres : telle est la vie de Frère René. Servir et aimer Dieu et les hommes le rend profondément heureux. Il conclut : « J'espère le faire jusqu'à mon dernier souffle. »


Caroline Jeunechamps (dans "Echos Jésuites", 2018-3)

Les commentaires sont fermés.