Pas plus de risques pour les jeunes à moto

 

Deux accidents mortels impliquant des motards seuls en cause en l’espace d’une seule journée en région verviétoise. Cela pose question. Les jeunes motards ont-ils davantage de probabilité de faire un accident grave que les personnes plus âgées sur le même type de véhicule ? D’après les réponses de l’Institut Vias, ce ne serait pas le cas.

Nous avons vécu un mardi noir sur les routes en région verviétoise. À quelques heures d’intervalle deux jeunes d’une vingtaine d’années sont décédés dans deux accidents de moto complètement distincts. Mardi à l’aube, l’Aubeloise Fanny Taeter a perdu le contrôle de sa moto, qu’elle conduisait depuis déjà deux ans, dans un dangereux virage à La Minerie. Mardi soir, vers 17 h 30, c’est un jeune Allemand qui possédait sa moto depuis seulement deux jours qui a fait une chute fatale dans la rue du Cheval blanc, à Hombourg. Un hasard qui pousse tout de même à se demander si les jeunes motards sont plus susceptibles de faire un accident mortel que ceux plus aguerris.

Question posée à Pauline Demolder, de l’Institut Vias, il semblerait que ce ne soit pas le cas. « Dans les chiffres, on voit qu’il y a une diminution tant au niveau du nombre de décès, de blessés ou d’accidents impliquant de jeunes motards de 18 à 24 ans. » On comptait 16 décès pour cette catégorie de motards en 2010 contre 6 en 2019. Pour les jeunes motards blessés, on passe de 561 en 2010 à 338 en 2019 et de 550 accidents impliquant de jeunes motards en 2010 à 331 en 2019. « Comme on constate qu’il y a une forte augmentation du nombre de motards (NDLR : environ 30 % ces 10 dernières années) en même temps qu’une grosse diminution du nombre d’accidents on ne s’inquiète pas de trop », explique Pauline Demolder, faisant référence au test de perception des risques qui est imposé à tous les jeunes qui veulent obtenir leur permis voiture mais pas à ceux qui briguent le permis moto.

SEUL EN CAUSE UNE FOIS SUR TROIS

D’ailleurs, en 2017, l’âge moyen du motard impliqué dans un accident de la route était de 40 ans contre 35 ans quelques années auparavant. Au niveau national, toujours à la même période, plus de la moitié des victimes d’accidents de moto (52 %) avaient plus de 40 ans.

En Wallonie, dans environ un accident sur trois, le motard est seul en cause. Au niveau national, dans un tiers des accidents environ, le motard perd le contrôle. « Ce type d’accident se produit généralement sur un trajet difficile, le plus souvent en raison d’un virage serré », explique l’Institut dans un rapport concernant spécifiquement les motocyclistes. Un virage serré dont la dangerosité ne fait aucun doute en ce qui concerne le malheureux accident de La Minerie.

Finalement, quelle que soit la diminution du nombre d’accidents mortels, ils resteront toujours trop nombreux aux yeux de tous et encore plus à ceux des proches des victimes concernées. -

VICTORIA MARCHE dans LA MEUSE VERVIERS du 2 juillet 2020

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